Pour cette entrée en matière dans sa deuxième Solitaire du Figaro, Loic prend un bon départ, à l’anglaise (ie : sous spi) et vire la bouée de dégagement à la 11eme place. Cette première marque du parcours laisse place alors à une traversée de la Manche dans des conditions optimales de navigation : 15 nœuds de vent, petit largue, bonne visibilité. Pour autant, Loic connait quelques soucis de vitesse et se fait doubler par pas mal de bateaux ; il vire la marque devant Plymouth à la 25eme position.
Le 2eme « morceau » de cette étape commence alors. Nous sommes dimanche soir. Pour se protéger des forts courants annoncés et éviter une zone de vent « mou » au large, Loïc décide d’aller longer les côtes anglaises. Ce choix tactique s’avère peu payant… le vent au large des côtes est finalement plus soutenu qu’imaginé et éloigne le peloton de tête du groupe dont fait partie Loïc. La bagarre commence alors au sein de ce petit groupe « côtier », pour le plus grand bonheur des vacanciers de sa Majesté en goguette qui ont pu observer de très près la ronde des Figaros flirtant avec les cailloux.
Au petit matin, lundi, le vent tombe à la pointe de Portland. Heureusement le courant est là et fait glisser les bateaux à 4-5 nœuds de vitesse. Pour l’anecdote, Loïc fera la rencontre fortuite de Gildas Philippe, sur l’eau lui aussi entrainant une flotte de dériveurs… petit déjeuner anglais et mondain autour d’un œuf bacon bien réconfortant ! Faute de vent, Loic décide d’aller chercher la brise thermique au large ; option payante puisque il réussit à distancer les quelques bateaux voisins (Lobato, Emig, Littoz, Richomme… ).
Jusqu’à cet instant, le courant était porteur pour l’ensemble de la flotte… mais la renverse arrive par l’ouest, au détriment des « retardataires », placés plus à l’ouest. Le peloton de tête prend alors ses distances. Lundi soir, Loïc accumule alors une heure de retard sur le premier à Fairway.
Programme du lundi soir : traversée de la Manche, avec ses rails de cargos, ses zones de « molle » et ses courants forts.
Programme respecté, avec notamment une panne complète de vent qui contraint les 47 Figaristes à mouiller l’ancre, pour éviter de se faire happer par le courant, véritable tapis roulant les éloignant du but. Pour Loïc, ce sera 180 mètres de cordages à mouiller par 70 mètres de fond ; il faut alors fouiller dans les réserves pour trouver tant de bout : bras de spis, haussières d’amarrage, écoute de rechange feront office de mouillage.
Au petit matin, mardi, Eole daigne enfin pointer son nez, et souffle un léger flux de 10 nœuds dans les voiles …. rien est fini, puisque la panne de vent nocturne aura redistribuée quelque peu les cartes. Un relatif bon état de fraicheur permet à Loic de se bagarrer jusqu’au bout, et de grappiller quelques places sur cette dernière journée.
C’est donc à la 37e place que Loic coupe la ligne à 16 heures.
Interview de Loïc à l’arrivée :
« Je suis déçu de cette place et de l’écart avec les 1ers ; certes, je me suis planté en voulant côtoyer de près les côtes anglaises après Plymouth, mais globalement, j’ai vraiment un déficit de vitesse, et c’est très dur moralement . Je n’ai pas encore pleinement en main, le mode d’emploi du bateau... mais cette dernière journée me met du baume au cœur, puisque j’ai réussi à retrouver une meilleure vitesse, et gagner quelques places sur mes concurrents directs. Toujours est-il, cette nav ‘ a été très agréable et à bord tout s’est bien passé. J’ai bien su gérer mon sommeil par phase de 10 minutes, et mon alimentation.
Il s’agit maintenant de capitaliser sur les acquis, et comprendre les erreurs commises. Je rêve de mon lit… mais vivement dimanche prochain pour le nouveau départ, vers Dublin. »