Le bonhomme est requinqué, la stratégie peaufinée avec Christian Dumard, le météorologue du Pôle Vendée. Loïc veut briller pour la dernière étape qui relie le port Vendéen au port de pêche Normand.
Seulement voilà, on ne maitrise jamais vraiment les évènements…
« Ma femme, Géraldine m’appelle dans la nuit de samedi à dimanche la veille du départ des Sables ; elle a perdu les eaux, elle va accoucher, trois semaines en avance !
Le dimanche, jour du départ, je suis bouleversé, je choisi de prendre le départ en accord avec ma femme, je veux aller au bout de l’aventure. »
Quoi qu’il en soit, Jacques Einhorn sur Jolly Jumper (un des trois voiliers accompagnateurs) est au secret, il peut communiquer avec ma femme par téléphone et me tenir informé.
Malgré les histoires du docteur Jean-Yves Chauves (il anime une émission de radio toutes les nuits sur le canal de course de la Solitaire) Loïc est impatient, les secondes sont des heures, il décide de prévenir le directeur de course de la situation et lui demande donc d’assurer la liaison à terre, avec sa femme.
S’ensuivent de nombreux échanges VHF entre Loïc et le directeur de course, entretenant un certain mystère parmi les autres navigateurs qui ne savent pas ce qui se trame.
"Grâce à la magie des ondes et à la délicatesse d’un certain Monsieur Jacques Caraes, directeur de course, j’ai la chance d’apprendre la nouvelle, de la voix tremblante de ma femme Géraldine qui me contacte via VHF.
Il est 18H35, le lundi 22 aout, Valentine est née, elle pèse 3,2 KG, et elle a les yeux et les pieds de son papa je tire des bords dans les cailloux, en face de Portsall, le lieu de naissance de mon père."
Soulagement tout va bien, tout le monde est ému, l’ensemble de la flotte a partagé la primeur de l’évènement sur VHF, s’ensuit un flot de félicitations sur les ondes. « De l’émotion à l’état pur !! Une grande famille que cette bande d’acharné, c’est moi qui vous le dit !! ».
Côté course, Loïc s’accroche comme il peut, partagé par l’idée de s’arrêter dans un port Finistérien pour rejoindre sa femme à l’hôpital et l’envie de bien finir sur cette Solitaire 2011.
Un peu décroché au début, Loïc recolle une première fois après le Raz de Sein puis à hauteur de Guernesey, mais le rythme imprimé par les premiers est infernal, Loïc termine la course au contact du paquet a seulement une heure du premier.
Il lui tarde de débarquer pour rejoindre sa nouvelle famille, malgré sa place décevante, Loïc est accueilli à Dieppe par une foule d’intimes et du champagne pour célébrer l’arrivée de sa petite fille Valentine.
Le rideau est tiré sur l’édition 2011, Loïc termine la course à une modeste, 41èmeplace, le bilan est simple, sur cette course :
Le niveau y est exceptionnel, les marins s’entraînent toute l’année, certains depuis plus de dix ans, pour tenir la cadence, il faut être capable d’aller vite tout le temps, ne pas prendre trop de risques et attendre les erreurs des autres. Loïc a un caractère d’attaquant, il ne sait pas toujours être patient et il fait des erreurs, il doit apprendre davantage, cette année encore, il ne disposait pas d’un budget suffisamment conséquent pour s’y consacrer à plein temps.
L’envie reste présente, Loïc a pris énormément de plaisir en mer, il a le sentiment d’avoir progressé et il souhaite continuer à naviguer en solitaire.